Cette année, les 33e Journées Européennes du Patrimoine ont été consacrées à « Patrimoine et citoyenneté » et c’est plutôt par hasard que je suis rentrée dans le thème !

Installée depuis peu à Nantes dans le cadre de mes études, les Journées Européennes du Patrimoine m’ont permis de découvrir cette ville. J’ai d’abord souhaité assister à une visite guidée du Quai de la Fosse organisée par l’association Nantes Renaissance mais la visite était déjà complète. Patrick Leray, le Président de Nantes Renaissance a très bien reçu mon appel téléphonique et m’a conseillée d’aller visiter la Préfecture et l’Hôtel de Ville, exceptionnellement ouvertes au public, ce que je me suis empressée de faire.

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L’Hotel de la Préfecture n’a pas toujours eu cette fonction: en 1491 Anne de Bretagne ordonne le transfert de la Chambre des Comptes de Bretagne de Vannes à Nantes afin d’asseoir son pouvoir. Au 16e siècle, ce même bâtiment sert aux Archives de Nantes puis comme Tribunal Administratif. Construit dans une zone marécageuse, l’architecte de la ville Jean-Baptiste Ceineray propose en 1759 la construction d’un nouveau bâtiment pour remplacer le premier aux fondations instables et insalubres. Ceineray fait alors figurer l’ouvrage dans le cadre de grands travaux de modernisation et d’urbanisation de Nantes. Cependant les travaux sont ralentis par des querelles opposant les États de Bretagne et l’administration royale et les dépenses dépassent le devis initial. Puis, en 1774, un incendie menace de détruire les archives qui y sont momentanément déposées. Finalement, la construction s’achève en 1782 mais la Chambre des Comptes est supprimée en septembre 1790 par l’Assemblée constituante et n’occupera les lieux que de huit ans. En 1800, le bâtiment est confié à l’administration départementale, et devient hôtel de Préfecture, lieu de résidence du Préfet. On y crée alors des jardins classiques qui servent notamment de barrière à la place publique.

L’histoire du bâtiment est visible sur la façade. Celle-ci présente en effet le blason du Royaume de France alors que l’on peut observer sur la porte principale des symboles des Lumières (le pélican, le phoenix, la méduse): la loi et les Droits de l’Homme remplacent alors les symboles de l’Ancien Régime.

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On accède à l’étage par un escalier magistral construit sans pierre de soutien. Des pieds de boeufs ont servi de chevilles pour caler les blocs de pierre.

L’intérieur présente une enfilade de salons de différents styles. En voici quelques détails…

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J’ai longuement admiré les dorures des plafonds. On peut notamment y voir un majestueux blason de la ville de Nantes composé d’un bateau naviguant sur une eau verte (eau de la Loire), des couleurs de la Bretagne et de la devise de la ville « Favet Neptunus Eunti » (Que Neptune favorise le voyageur).

 

Je me suis rendue ensuite à l’Hôtel de ville, situé à quelques rues près…

La guide nous a alors expliqué que la première réunion du Conseil des bourgeois dont on trouve trace remonte à 1333. Celui-ci comprend 5 ou 6 bourgeois pour arrêter avec le capitaine de ville, diverses mesures concernant la cité. En 1411, le duc de Bretagne Jean V donne aux Nantais pouvoir d’élire un procureur des Bourgeois et, en 1420, étend les libertés communales par l’institution d’un conseil composé de 12 bourgeois élus (les maîtres échevins) qui se réunit dans la « Maison des Engins » située rue des Echevins, non loin de la place du Bouffay.

En 1559, François II autorise, par lettres patentes, l’établissement d’une Communauté de ville avec maire et échevins. Puis, en 1566, Nantes obtient du roi Charles IX l’autorisation de se doter d’un hôtel de ville. Cependant, les difficultés financières de la ville retardent l’acquisition du premier Hôtel de ville, la  Maison de Derval, une ancienne auberge, en 1578. En 1606, l’architecte Hélie Rémigereau agrandit l’hôtel primitif en le doublant d’une galerie à arcades sur deux étages et y adjoint une nouvelle aile puis à partir de 1822, d’importants travaux de rénovation et d’extension sont entrepris sous la direction de l’architecte Ogée.

Comme l’indique le livret de la ville de Nantes, « l’actuel hôtel de ville de Nantes est constitué de bâtiments d’époques et de styles différents, qui se sont ajoutés les uns aux autres au fil du temps, en accompagnant le développement de la cité et du pouvoir municipal. »

Je me suis d’abord attardée sur la frise sculptée sur la façade de l’hôtel de Derval. Elle met à l’honneur les Beaux-Arts (Dessin, Sculpture, Peinture, Architecture) et les thèmes de la Guerre, du Commerce, de l’Agriculture et de l’Astrologie. On peut également y observer un cadran solaire, œuvre du lunetier Huette, décoré du thème des quatre saisons.

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L’actuel bureau du maire abrite un portrait de Guillaume Harouys (maire de nantes 1571-1572), célèbre figure locale pour sa résistance. En effet, bien avant la signature de l’Édit de Nantes en 1598 qui autorise les protestants à pratiquer leur culte, le maire Guillaume Harouys s’oppose à l’exécution des protestants dans sa ville. (Certains y verraient plus un choix stratégique de protéger les Hollandais protestants et principaux partenaires commerciaux du port nantais…)

On peut également admirer dans l’hôtel Rosmadec les armoiries uniques de la famille Rosmadec/Goulaine regroupant les emblèmes du Royaume de France et de celui d’Angleterre, ainsi que de magnifiques plafonds.

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Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le livret consacré à l’Hôtel de Ville de Nantes « Laissez-vous compter l’Hôtel de Ville de Nantes » réalisé par la ville de Nantes.

Enfin, je me suis rendue à l’association Nantes Renaissance, hôtel de Briord où avait lieu une exposition sur les mascarons nantais avec en parallèle une démonstration de tailleurs de pierre. J’y ai retiré un plan pour partir à la chasse aux mascarons dans Nantes, de quoi alimenter un prochain article…

 

Merci à Patrick Leray, le Président de Nantes Renaissance pour le conseil et merci à Mathilde & Quentin pour m’avoir accompagnée !

 

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