Vous voulez intégrer une école de management mais vous ne savez pas définir précisément cette notion ? Ou tout simplement, vous voulez découvrir et comprendre son vocabulaire technique de plus en plus présent dans les médias ? Voici le livre qu’il vous faut : Le Management expliqué par l’Art de Olivier Babeau.

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Présenté comme « Un cours de management pas comme les autres, dans lequel tous les exemples sont tirés de l’histoire de l’art », le livre de Olivier Babeau Le Management expliqué par l’Art propose une description précise et décalée des concepts du management qui nous paraissent souvent insipides et très techniques en parcourant le monde et l’histoire de l’art.

Pour Olivier Babeau, il s’agit en effet de « parler du management autrement » (p9) : à l’heure où chaque entreprise est devenue l’exemple-type d’une notion de management, il faut chercher les exemples ailleurs pour expliquer différemment le management aux étudiants (les élèves en histoire de l’art à l’affût de compétences de gestionnaire et les khâgneux se destinant à une école de management mais aussi les préparationnaires ECS ou ECE qui s’intéressent à l’art et/ou qui veulent préparer leurs oraux en approfondissant leur cour de culture générale), ou encore un public plus large qui souhaite enfin comprendre le management !

Henri_Fayol,_1900
Henri Fayol

Le management, quésaco ?
Olivier Babeau nous explique (p13) que le management viendrait du vieux français ‘ménagement‘ qui renvoie à la gestion du ménage. Il est alors strictement synonyme du terme ‘économie‘ (en grec, oikos-nomos), ‘la gestion de la maison‘. Quand le Français Henri Fayol théorise la question de l’organisation productive, il utilise le terme d’administration c’est-à-dire ‘le maniement, le soin d’une chose‘. Administrer c’est alors « prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler ». On retrouve ce processus dans l’art « qui ne pourrait exister dans la gestion » (p15).

l'intérieur de la galerie de Turner, 1852
L’intérieur de la galerie de Turner, George Jones, vers 1852

L’artiste est alors « un entrepreneur comme un autre » (p21): il doit être capable de réaliser un produit, trouver un client et développer son activité pour gagner sa vie. Les fêtes organisées par Léonard de Vinci ou la boutique de Turner illustrent le choix stratégique, Stradivarius l’avantage concurrentiel, Albrech Dürer le modèle d’affaires et le Caravage l’innovation. On apprend ensuite comment séduire un marché par le marketing présent dans la Vénus de Milo et la communication très employé par l’empereur Darius. Enfin, on assiste à la production de l’oeuvre. Tout y passe: la gestion des ressources humaines, la finance, la rationalité, la responsabilité sociale de l’entreprise, la spéculation

Par exemple (p55), on apprend comment Mozart a dérobé au Vatican le plus réputé Miserere (composé par Gregorio Allegri) que le pape Urbain VIII avait interdit de reproduire en bannissant la prise de note pendant les messes où il était joué. Le pape voulait ainsi garder son avantage concurrentiel face aux nombreuses autres places musicales en Europe. Mais après une première écoute, Mozart sort et retranscrit de mémoire tout le morceau… montrant ainsi qu’il est difficile de maintenir le secret de façon très durable face à l’intelligence économique des entreprises concurrentes.

Le livre est très accessible. Les oeuvres qui illustrent les notions apparaissent. Dommage cependant que les photos soient en noir et blanc. Le glossaire des principales notions est clair et on peut s’y référer facilement au fur et à mesure de la lecture.

Olivier Babeau nous montre ainsi « ce que la gestion apporte à l’art, qu’il le reconnaisse ou non » (p189) car le management est nécessaire à l’art (même dans l’art pour l’art). La frontière entre l’art et la gestion s’atténue voire disparait. On peut alors considérer les influences inverses. Après tout, c’est bien l’art ici qui aide le lecteur à comprendre ce qu’est le management. L’art serait-il alors une ressource essentielle pour la gestion et l’entreprise ?

 


Le Management expliqué par l’Art
Olivier Babeau
Ed Ellipses, 224 pages
15,50€

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