Samedi 6 février, l’Arsenal a accueilli Baptiste Trotignon. Jeudi, à la BAM, on a eu la chance d’écouter Erik Truffaz Quartet, avec Bachar Mar-Khalife en première partie. Des ambiances et des lieux différents pour des artistes au jazz si singulier. Bref, cette semaine, ça a swingué à Metz, et c’était très plaisant !

Samedi, Baptiste Trotignon et ses nouveaux acolytes, le contrebassiste Thomas Bramerie et le puissant batteur Jeff Ballard, sont venus présenter à l’Arsenal de Metz, leur dernier album: HIT.

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Jeff Ballard, Baptiste Trotignon, Thomas Bramerie

Le trio nous a d’abord installés dans une atmosphère détendue pour mieux nous interpeler ensuite avec des surprises rythmiques car Hit c’est la frappe pianistique et percussive. On l’entend et surtout on la voit: leur musique se regarde. Pendant que Trotignon percute son piano d’un air nonchalant et dynamique à la fois (voyez ses mains !), Ballard explose d’énergie à la batterie et Bramerie délivre de belles lignes de basses. Ils revisitent les morceaux de l’album par des improvisations. J’ai particulièrement apprécié les soli de contrebasse (instrument que l’on entend moins souvent): la virtuosité et la musicalité de Thomas Bramerie sont si élégantes !  Cette formation aux influences métissées nous a livré une musique puissante: de la frappe !

 

Jeudi, ambiance conviviale à la BAM pour dévorer mon cadeau de noël: Erik Truffaz Quartet. Je m’attendais à voir plus de jeunes mais la BAM, elle, avait tout prévu: moitié gradins, moitié fosse pour que les anciens puissent s’assoir et les jeunes danser (et inversement hein !).

Bachar Mar-Khalife a assuré la première partie. Chanteur, compositeur et multi-instrumentiste franco-libanais. Comme nous l’a rappelé la BAM, il a notamment travaillé avec l’Orchestre national de France et l’Ensemble intercontemporain et a collaboré sur de nombreux projets, sur des styles aussi variés que le jazz fusion, la world music, la musique électronique ou le hip-hop et avec des artistes tels que Bojan Z, Carl Craig, Francesco Tristano, Murcof ou Kery James. C’est son troisième album Ya Balad (sorti en octobre 2015 sur le label français InFiné) qu’il est venu nous interpréter. Une belle découverte !

Magnifique Bachar Mar-Khalifé ! #metz #trinitairesbam #bacharmarkhalife

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Son concert a commencé par Kyrie Eleison, « une prière à tous les anges qui sont partis trop tôt ». Et puis l’ambiance est devenue de plus en plus torride ! D’abord avec Layla, qu’il nous a présenter comme « une chanson d’amour, enfin érotique » (le clip est beau) puis enfin avec Lemon : déhanché obligé, on est en transe. Un concert aux influences métissées, bouleversant, entre émotion et retenue !

 

Entracte. Et puis le grand Erik Truffaz accompagné de ses copains Marc Erbetta (batterie revenu pour l’occasion), Benoît Corboz (claviers & arrangements) et Marcello Giuliani (basse), est rentré sur scène. Il nous a rappelé son attachement à Metz et plus particulièrement aux Trinitaires, une des premières salles qui l’a accueilli grâce au soutien de Pierre-Frédéric Klos. La dernière fois qu’il était venu à Metz, c’était « dans la très grande salle de l’Arsenal », il y a deux ans, aux côtés de Murcof, Mahut et Bilal pour Being human being (un de ces concerts qui nous marquent à jamais!) mais Truffaz préfère les petits comités, car « c’est plus chaleureux ».

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Erik Truffaz Quartet

Après 3 ans d’absence discographique, le Erik Truffaz Quartet nous a présenté son nouvel album Doni Doni, (fraichement paru chez Parlophone en janvier 2016). Avec Doni Doni, petit à petit en bambara, l’Afrique y est mise à l’honneur en invitant la chanteuse malienne Rokia Traoré (victoire de la musique 2009) et Oxmo Puccino (victoire de la musique 2010 et 2013).

Jeudi soir, on a découvert Doni Doni mais on a aussi savouré d’anciens morceaux (The Walk Of The Giant Turtle ou aussi El Tiempo de la Revolución) et surtout le dynamisme des membres du Quartet. Marc Erbetta à la batterie, plus fou que jamais, a enflammé la salle avec son monologue ventriloque-beatbox-indescriptible, la syntaxe du délire ! Benoît Corboz a fait danser les claviers autant que le public: un virtuose élastique ! Un super concert !

 

Deux beaux concerts, une belle semaine ! 

 

 

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