Depuis une semaine, le mot Bataclan résonne. Mais que signifie-t-il ?

En français un bataclan est un attirail insolite et encombrant. Selon le Littré, ce mot a été formé à partir du verbe battre. On peut y voir aussi une onomatopée: BA-TA-CLAN.

Ba-Ta-Clan est le titre d’une opérette de Jacques Offenbach (1819-1880) sur un livret de Ludovic Halévy. Elle a été jouée pour la première fois à Paris, le 29 décembre 1855 au théâtre des Bouffes-Parisiens.

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C’est une chinoiserie musicale en un seul acte: on ne comprend pas toujours les paroles qui alternent entre charabia et faux-italien pour se moquer des grands opéras italiens.

Comme nous l’explique le quotidien israélien Ha’Aretz, traduit par Courrier International, l’opérette raconte « l’histoire de trois personnages aux noms ridicules qui sont en apparence chinois mais qui s’avouent l’un à l’autre qu’ils sont en fait français. [Expatriés dans un lointain royaume de langue chinoise, ils se laissent entraîner dans un complot visant à renverser le roi.]  Un quatrième personnage, supposé être l’empereur, s’avère également français : c’est un plouc qui rêve de régner – Offenbach se moque ici de Napoléon III. » Après beaucoup de difficultés à communiquer, un peu de danse et de chant révolutionnaire, tout finit bien.

 

La pièce a été jouée par la suite en allemand à Vienne en 1860 sous le titre Tschin Tschin puis à Londres en 1865 et à New York en 1870 dans la version anglaise Ching Chow Hi.

Cette œuvre a eu tellement de succès qu’elle a donné le nom au nouveau théâtre à la forme de pagode chinoise du boulevard Voltaire à Paris inauguré en 1864: le Ba-Ta-Clan. Après un incendie en 1933 et diverses rénovations, le Bataclan a ensuite servi de cinéma. Aujourd’hui la salle est dédiée aux concerts de musiques actuelles.

France musique a consacré une émission spéciale de Etonnez-moi Benoît
le samedi 14 novembre 2015. Benoît Duteurtre y explique que Ba-Ta-Clan « évoque de façon loufoque ces gens bizarres que sont les parisiens et les français ». Je ne suis pas parvenue à trouver de vidéo/enregistrement de l’air mais vous pouvez le découvrir au début du podcast de l’émission. ET SURTOUT, retrouvez en fin d’émission, la diffusion exceptionnelle de l’opérette dans son intégralité.

La musique aura le dernier mot.

J’étais aimable, élégante,
Et jadis
Je brillais, jeune et charmante,
A Paris !
Je régnais en souveraine,
Mes beaux yeux
Me donnant une douzaine
D’amoureux !
Qui me rendra le ciel de ma patrie ?
Qui me rendra ma gaîté, ma folie,
Et les amours
De mes beaux jours ?
Adieu, chants de ma jeunesse,
Que ma voix
Murmurait avec ivresse
Autrefois !
Adieu, mes rêves d’enfance !
Plus d’espoir !
Je ne dois plus, pauvre France,
Te revoir !
Qui me rendra le ciel de ma patrie ?
Qui me rendra ma gaîté, ma folie,
Et les amours De mes beaux jours ?

 

 

 

 

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