Depuis le 11 juillet 2015, la FondationCartier pour l’art contemporain dévoile une scène très peu connue du grand public: l’art congolais. Des précurseurs à la jeune génération, on y découvre les beautés du Congo.

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L’exposition nous invite dans un premier temps à découvrir la jeune génération de la scène artistique congolaise. En s’affranchissant des principes de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa (vous n’allez quand même pas croire qu’il n’y avait pas d’Ecole !), Kura Shomali, Pathy Tshindele et Mega Mingiedi Tunga ont créé en 2003 le collectif Eza Possibles afin d’associer les citoyens kinois dans la création artistique. On retrouve alors le regard critique de ces artistes sur le monde et sur la place que le Congo y occupe. Par exemple, Kura Shomali crée des compositions dynamiques en y intégrant des tâches d’encre et des éclaboussures de peinture afin de refléter le bouillonnement de la ville de Kinshasa.

On y aborde ensuite les oeuvres des peintres populaires, de jeunes artistes kinois qui débutent dans les années 1970. Ils ont commencé d’abord par peindre des panneaux publicitaires et par réaliser des BD. Moe, Pierre Bodo, Chéri Chérin, Chéri Samba pour vous en citer quelques uns. J’ai particulièrement aimé les oeuvres de JP Mika, le plus jeune des peintres populaires présentés à la FondationCartier, pour la gaieté qui s’y dégage (regardez donc l’affiche de l’expo !)

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Au sous-sol, retour en arrière.
En 1926, Georges Thiry, un administrateur belge rencontre des peintres de case — Albert Lubaki, Antoinette Soucieux, Djilatendo (ce dernier a été exposé aux côtés des surréalistes belges Magritte & Delvaux)— leur donne du papier afin de pérenniser leur art et parvient à les mettre à l’honneur dans les métropoles belge et française.

djilatendoAquarelle de Djilatendo

J’ai aussi apprécié les tableaux de Pili Pili Mulongoy de l’Ecole d’Elisabethville. N’auraient-ils pas des airs de Keith Haring ?

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La peinture n’est pas la seule mise à l’honneur. La sculpture, la photographie, la BD et la musique  ont aussi toute leur place…

On découvre notamment des portraits photographiques des années 1950, au moment de la multiplication des studios photos comme celui de Jean Depara, le Jean Whisky Depara ou encore celui de Ambroise Ngaimoko, le Studio 3Z.
Et puis on s’évade aussi dans les maquettes de Bodys Isek Kingelez réalisées avec des objets de récupération.

Bref, s’il fallait un mot pour qualifier l’exposition Beauté Congo 1926-2015 à la FondationCartier, ce serait: KITOKO* ! (* exclamation utilisée au Congo pour dire  « Ouah ! Ça en jette ! » )

Alors, n’hésitez pas, allez y faire un tour !


Beauté Congo 1926-2015, Congo Kitoko
Prolongation jusqu’au 10 janvier 2016,
La Fondation Cartier pour l’art contemporain,
261 boulevard Raspail, Paris

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