A première vue, pour les non-initiés, Bussang est un petit village vosgien qui ne paie pas de mine. Quoique… On peut y venir se recueillir devant la source de la Moselle ou encore entamer de nombreuses randonnées. Et une petite place abrite une crèmerie où le munster est délicieusement fruité ! Au fond de cette petite place, il nous faut remonter la route à gauche pour approcher le trésor de Bussang: le Théâtre du Peuple.

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Créé en 1895 par Maurice Pottecher, fils d’un industriel local, le Théâtre du Peuple est le premier théâtre décentralisé de France. Avec sa devise: « Par l’Art, pour l’Humanité », il avait pour objectif, vous l’aurez compris, de participer de l’élévation et de l’émancipation du peuple en rejetant le théâtre parisien alors inaccessible pour les petites gens.
C’est donc tout naturellement que Brecht est mis à l’honneur pour les 120 ans du Théâtre du Peuple: il voulait en finir avec cet opéra parisien et faire alors un opéra de « Quat’sous », un opéra des pauvres, un opéra du peuple.

P1120940 Quand on arrive à hauteur du Théâtre du Peuple, on est frappé par la bonne humeur. En attendant la représentation, on pique-nique, on boit, on rit sur les pelouses des alentours. Et puis, il y a un drôle de cortège. Celui des ribambelles de coussins. Oui oui, vous avez bien entendu: coussins ! Car pour savourer pleinement les trois heures de représentation (dont entracte), il faut se mettre à l’aise. Dérobé directement du canapé, voire même du lit, ou encore de la chaise de jardin, le coussin est un emblème du Théâtre du Peuple.

19h45, les trompettes résonnent. Une deuxième fois, puis une troisième.

Quand on rentre dans le théâtre, ça sent le sapin ! On comprend alors que le spectacle va être ‘mortel’ !
Plus sérieusement, le théâtre qui était à l’origine à ciel ouvert et qui s’est doté d’un toit en 1921, est entièrement construit en bois de pin.

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Et puis la lumière décline…

« Plongée haute en couleurs dans les bas-fonds de Soho où brigands et bourgeois prospèrent, exploitent et s’encanaillent. Le diabolique couple des Peachum fait de la pauvreté son fonds de commerce et s’enrichit sur le dos de faux mendiants, pendant que Mackie-le-Surineur, chef d’une bande de truands balourds et dangereux, sème la terreur et séduit, au grand dam de ses parents, l’intrigante Polly Peachum… Une maîtresse jalouse, des putes délatrices, un chef de la police corrompu,un pasteur complice achèvent de brosser ce monde joyeusement décadent ! » (un résumé plus précis ici)

Ça joue, ça chante, ça danse. Allusion à Kubrick, orange mécanique mais sans violence. On en a plein les yeux ! La musique de Kurt Weill nous accroche, surtout cette song, interprétée ici par Louis Armstrong.

Et puis l’arrière scène s’ouvre: la montagne et la forêt apparaissent (un aperçu dans le reportage d’Arte Journal). La fin approche… Pour cela aussi, le Théâtre du Peuple est de renommée internationale.

Tonnerre d’applaudissement et enthousiasme collectif, les spectateurs occasionnels ou assidus, les familles, les locaux et les étrangers – le peuple ! – est alors invité à rencontrer les comédiens, professionnels et amateurs autour d’un verre.

Et oui, le Théâtre du Peuple, est toujours POPULAIRE !

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THEATRE DU PEUPLE
www.theatredupeuple.com
03 29 61 50 48 40
rue du Théâtre – BP 03 – 88540 Bussang


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