Rencontre avec le méconnu (l’inconnu ?). Embarras. Un premier pas. Puis l’hésitation. Premier contact. Encore l’embarras, un peu moins…

Sans titre

Non pas pour ces artistes dont la palette musicale présente des tonalités diverses et variées — quoique, l’occasion se fait encore rare de collaborer avec cet étranger — mais pour le public. Allez soyons grotesques : d’un côté, des aïeux grisonnants, un peu rigides & leurs pairs/descendants habitués à cette musique dite « classique » (élèves musiciens du conservatoire, professeurs, méloma-niaques de la rigidité). De l’autre, accoudés au comptoir, la bière à la main, un peu (trop ?) bruyants, quelques jeunots & leurs camarades trentenaires bobos. Pour les uns, l’index s’agite discrètement sur la cuisse au rythme de l’ostinato rythmique. Pour les autres, on secoue la tête avec désinvolture.

Puis, dans l’espace BLIDA de Metz, la frontière disparait.
A force de discuter, les méconnus se découvrent des points communs. Et c’est à ce moment que le mot rencontre prend tout son sens. A vrai dire, Anne-Catherine Bucher (claveciniste des cafés baroques) et Louis Warynski (alias Chapelier Fou) s’étaient déjà rencontrés autour d’un clavecin il y a une quinzaine d’années. Mais-connus chacun de leur côté. Pédales en boucles.

Ostinato. Rigidité/Ornementations. Mathématiques. Harmonies.   (…)

Le meilleur moment de cette conversation: la re-création du Prélude de Bach n2 en Ut mineur grâce à un algorithme composé de quatre notes. La claveciniste les donne, le bricoleur sonore les rassemble. « L’original » au piano: ici.

C’est alors que les préjugés tombent complètement : sur ce morceau, c’est l’électro qui apporte la rigidité au baroque, et non pas le contraire. La difficulté est donc pour Anne-Catherine Bucher qui doit s’ajuster au tempo imposé par l’algorithme. Je redécouvre alors ce prélude.

Après une heure sonore, la conversation prend fin. Le public, voyeur sur les bords de scène, la regrette déjà.

A quand le prochain café baroque/électro ?

giphy

Jeudi, 25 juin 2015 – espace TCRM-BLIDA, Metz 


Vendredi, 26 juin 2015 – place de la République, Metz 

Déroulement semblable.
Le contact a été cependant plus facile. Méloma-niaques & badauds se sont mélangés dans la fosse de la place de la République pour écouter l’ONL interpréter des musiques de films (Indiana Jones, Harry Potter, Star Wars …).

L’hésitation s’est manifestée techniquement: quelques petites fausses notes et décalages minimes car l’orchestre a eu sans doute du mal à s’entendre. La faute au plein-air ! Mais l’énergie a corrigé le tout…

Le bouquet final de cette rencontre: une version électro de Pirates des Caraïbes adaptée par Nicolas Chatenet, trompettiste solo de l’orchestre. (en voici un aperçu) Surpris, le public s’est mis à danser, chacun exprimant à sa manière le rythme de ce générique. Et ce, jusqu’à exécuter quelques pogos devant l’orchestre ! Puissant ! 11148758_879429385426230_3893265140701008024_n

Pour les curieux: un reportage signé Mirabelle TV


Décidément,

Qui flirtera à nouveau avec qui ?  Le clavecin, la baguette ou le joystick ?

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